Livre des Constitutions et Ordinations des Frères de l’Ordre des Prêcheurs édition bilingue latin – français 2013




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Caput XII - De iure quo regitur ordo

Chapitre XII - Le droit de l’Ordre

Art. I – De legum ordinis distinctione

Article premier - La distinction des lois de l’Ordre

275. – § I. – Spiritu evan­gelico ductus et regula s. Augustini innixus, Ordo noster regitur, praeter­quam cunctis Ecclesiae legibus, decretis et privile­giis (cf. appendicem n. 14) quae nos respiciunt :

1° constitutionibus Ordi­nis ;

2° ordinationibus quae sive in Libro constitutio­num et ordinationum sive in actis capitulorum gene­ralium inveniuntur ;

3° ordinationibus magistri Ordinis ;

4° consuetudinibus legiti­mis.


275. – [Constitution] § I. Conduit par l’esprit de l’Évangile et fondé sur la rè­gle de saint Augustin, notre Ordre est régi non seulement par toutes les lois de l’Église, ses décrets et privilèges (cf. appendice n° 14), qui nous concernent, mais encore par :

1° les constitutions de l’Ordre ;

2° les ordinations qui se trouvent soit dans le Livre des Constitutions et Ordi­nations, soit dans les Actes des chapitres généraux ;

3° les ordinations du Maître de l’Ordre ;

4° les coutumes légitimes.


§ II. – Quoties in iure nos­tro occurrit nomen cons­titutio significationem strictam accipit pro cons­titutionibus proprie dictis dumtaxat ; verba autem leges nostrae vel ius nos­trum indicant tum consti­tutiones tum ordinationes (cf. appendicem n. 1).

§ II. Dans notre droit, chaque fois que se trouve le mot « constitution », il est à prendre au sens strict de constitution proprement dite seulement ; par contre, les expressions « nos lois » ou « notre droit » désignent tant les constitutions que les ordinations (cf. appendice n° 1).

276. – § I. – Illud dum­taxat statutum ut constitu­tio habeatur quod a tribus capitulis generalibus con­tinuis fuerit acceptatum, et quidem per modum in­choa­tionis in primo capi­tulo, adpro­bationis in se­cundo et confirma­tionis in tertio. Qui modus proce­den­di servandus est quo­que pro abrogatione vel substan­tiali mutatione cons­titutionum.

276. – [Constitution] § I. N’aura statut de constitution que le texte qui aura été accepté par trois chapitres généraux consécutifs : par le premier à titre d’inchoation, par le deuxième à titre d’approbation, par le troisième à titre de confirmation. Ce processus est à obser­ver également pour l’abrogation ou la modification substantielle des constitu­tions.

§ II. – Unum tamen capi­tulum gene­ralissimum tri­bus capitulis generalibus aequipollet.

§ II. Cependant un seul chapitre généra­lissime équivaut à trois chapitres géné­raux.

277. – Inchoationes quae fiunt in capitulis generali­bus vigere non incipiunt usquequo adprobatae et confirmatae fuerint per alia duo capitula et factae sint constitutiones, nisi forte inchoatio fiat per modum ordinationis.

Inchoationes vero cum ordinatione, quae sunt contra constitutiones, non fiant, nisi raro et de causa urgenti, quae semper a capitulo expresse declarari debet.



277. – [Constitution] Les inchoations faites dans les chapitres généraux n’entrent en vigueur que lorsqu’elles ont été approuvées et confirmées par deux autres chapitres et sont devenues cons­titutions, sauf le cas où l’inchoation est faite par mode d’ordination.

Mais ces inchoations avec ordination, si elles sont contre les constitutions, ne doivent être faites que rarement et pour une cause urgente, qui doit toujours être expressément déclarée par le chapitre.



278. – Quaelibet provincia praeterea regitur :

1° statuto provinciae ;

2° ordinationibus capituli provincialis ;

3° ordinationibus prioris provincialis necnon alio­rum qui diversimode provin­ciae praeficiuntur.



278. – [Constitution] En outre, chaque province est régie par :

le statut de la province ;

2° les ordinations du chapitre provin­cial ;

3° les ordinations du Prieur provincial ou d’autres personnes qui seraient à des titres divers à la tête de la province.



279. – § I. – Statutum provinciae est collectio ordinationum de vita et regimine conventuum ac provinciae, praesertim in iis quae iuxta leges nos­tras a singulis pro­vinciis de­terminanda sunt.

279. – [Constitution] § I. Le statut de la province est l’ensemble des ordinations con­cernant la vie et le gouvernement des couvents et de la province, spécialement sur les points qui d’après nos lois sont laissés à la déter­mination de chaque province.

§ II. – 1° Uni capitulo provinciali competit ordi­nationes in statutum pro­vinciae inse­rendas fa­cere, eas mutare vel abro­gare ;

§ II. 1° Seul le chapitre provincial a compétence pour faire des ordinations devant pren­dre place dans le statut de la province, pour les modifier ou les abro­ger ;

2° statutum provinciae vel mutationes in eo faciendae, sicut omnes aliae ordi­nationes capituli provin­cialis, a magistro Ordinis adprobari debent.

2° Le statut de la province ou les chan­gements à y apporter, comme toutes les autres ordinations du chapitre provin­cial, doivent être approuvés par le Maî­tre de l’Ordre.

§ III. – Mutationes quae modum celebrandi capi­tulum provinciale respi­ciunt quaeque in statutum provinciae inse­rendae sunt, a celebratione capituli se­quentis dumtaxat vim habere incipiunt.

§ III. Les changements qui concernent le mode de célébration du chapitre provin­cial, et qui doivent être insérés dans le statut de la province, ne prennent vi­gueur qu’avec la célé­bration du chapitre suivant.

280. – Quilibet conventus regitur insuper ordinatio­nibus sui superioris et alio­rum qui diversimode pos­sunt vices eius gerere.

280. – [Constitution] Chaque couvent est régi en plus par les ordinations de son supérieur et de ceux qui à des titres divers peuvent tenir sa place.

281. – Leges nostrae et ordinationes superiorum non obligant fratres ad culpam sed ad poenam, nisi propter praeceptum vel contemptum.

281. – [Constitution] Nos lois et les or­dinations des supérieurs n’obligent pas les frères sous peine de faute, mais seu­lement de sanction, sauf en cas de pré­cepte ou de mépris.

Art. II – De legum Ordinis promulgatione, duratione, interpretatione et dispensatione

Article II - Promulgation, durée, interprétation et dispense des lois de l’Ordre

282. – § I. – Constitutio­nes et ordinationes capi­tulorum generalium pro­mulgantur per editionem in actis capitulorum ge­neralium vel alio modo ab iisdem capitulis determi­nato et, nisi aliud ex­presse statuatur, vigere incipiunt post duos men­ses a promulgatione, com­pu­tando a die quo inscribuntur litterae qui­bus magister Ordinis ex­hibet fratribus acta capi­tuli.

282. – [Ordination] § I. Les constitu­tions et ordinations des chapitres géné­raux sont promulguées par leur publi­cation dans les Actes des chapitres gé­néraux ou un autre moyen déterminé par ces mêmes chapitres ; et, sauf indi­cation contraire, elles entrent en vi­gueur deux mois après la promulgation, à compter du jour où est écrite la lettre par laquelle le Maître de l’Ordre pré­sente aux frères les Actes du chapitre.

§ II. – Ordinationes vero magistri Ordinis promul­gantur et obligare incipiunt modo ab ipso determinato.

§ II. Quant aux ordinations du Maître de l’Ordre, elles sont promulguées et commencent à obliger selon le mode qu’il a lui-même déterminé.

283. – § I. – Capitulo ge­nerali competit potestas declarandi aliquam legem nostram non urgere ob speciales tem­porum et lo­corum aut rerum cir­cums­tan­tias in ipsa declaratione expri­mendas. Du­rante intervallo ab uno capitu­lo ad aliud eadem facultas attribuitur magis­tro Ordinis, audito suo consilio.

283. – [Constitution] § I. Revient au chapitre général le pouvoir de déclarer qu’une de nos lois ne s’applique pas en raison de circonstances spéciales de temps et de lieu ou d’événements, à pré­ciser dans la déclaration même. Dans l’intervalle d’un chapitre à l’autre, la même faculté est attribuée au Maître de l’Ordre, son Conseil ayant été entendu.

§ II. – In singulis capitulis generalibus renovetur prae­fata declaratio si ipsa adhuc opportuna probetur.

§ II. A chaque chapitre général devra être renouvelée la déclaration précitée s’il s’avère qu’elle soit encore oppor­tune.

284. – Ordinationes capi­tuli generalis et magistri Ordinis vim obligandi re­tinent, donec a simili po­testate revocatae fuerint.

284. – [Constitution] Les ordinations du chapitre général et du Maître de l’Ordre gardent force obligatoire jusqu’à révo­cation par une autorité semblable.

285. – § I. – Ordinationes quae in vigore permanse­runt per duo capitula con­tinua et in tertio fue­runt adprobatae in librum constitutionum et ordina­tionum inserantur. Si non insertae fuerint, abrogatae considerandae sunt, nisi a Capitulo generali denuo instituantur.

(R, n. 270; T, n. 224)

285. – [Ordination] § I. Les ordinations demeurées en vigueur pendant deux chapitres successifs et approuvées au troisième doivent être insérées dans le Li­vre des Constitutions et Ordinations. Si elles ne sont pas insérées, elles seront considérées comme abrogées, à moins qu’elles ne soient de nouveau établies.

(R, n. 270; T, n: 224)

§ II. - Ordinationes quae in libro constitutionum et ordinationum inveniun­tur per capitulum generale revocari pos­sunt usque ad proximum capitulum ; si vero secundum capitulum primum confir­met defini­tive abrogantur (cf. ap­pendicem n. 2).

§ II. Les ordinations qui se trouvent dans le Livre des Constitutions et Ordi­nations peuvent être révoquées par un chapitre général jusqu’au chapitre sui­vant ; mais si ce second chapitre confirme le premier, elles sont définiti­vement abrogées (cf. appendice n° 2).

286. – § I. – Ordinationes quae in statuto provinciae inveniuntur vim retinent usque ad revocationem per capitulum pro­vin­ciale, salvo n. 279 § III.

286. – [Ordination] § I. Les ordinations qu’on trouve dans le statut de la pro­vince gardent force jusqu’à révocation par le chapitre provincial, étant sauf le n° 279 § III.

§ II. – Aliae ordinationes capituli provincialis du­rant usque ad diem quo vigere incipiunt acta ca­pituli sequentis.

§ II. Les autres ordinations du chapitre provincial durent jusqu’au jour d’entrée en vigueur des actes du chapi­tre suivant.

287. – Ordinationes su­periorum eorumque vices gerentium cessant cum eorum officio, salvo n. 284.

287. – [Ordination] Les ordinations des supérieurs et de ceux qui tiennent leur place cessent avec leur charge, étant sauf le n° 284.

288.Ordinationes in visitationibus canonicis factae in suo robore manent usque ad sequentem visitationem a simili potestate peractam.

288. – [Ordination] Les ordinations faites lors des visites canoniques gar­dent leur vigueur jusqu’à la visite sui­vante faite par une autorité semblable.

289. – § I. – Legitimae consuetudines Ordinis vel provinciae vim legis obtinent usquedum a capitulo generali vel provin­ciali revocatae fuerint.

289. – [Constitution] § I. Les coutumes légitimes de l’Ordre ou d’une province gardent force de loi jusqu’à révocation par un chapitre général ou provincial.

§ II. – Consuetudines constitutionibus et ordina­tionibus quae inveniuntur in hoc libro contrariae re­probantur.

§ II. Les coutumes contraires aux cons­titutions et ordinations qui se trouvent dans ce livre, sont réprouvées.

290. – Interpretatio au­then­tica legum nostrarum competit capitulo generali. Attamen, quando agitur de interpretatione cons­titu­tio­num, haec vim constitu­tionis non consequitur nisi per tria capitula continua adprobata fuerit.

290. – [Constitution] L’interprétation authentique de nos lois revient au Cha­pitre général. Cependant, quand il s’agit de l’interprétation des constitutions, celle-ci n’acquiert force de constitution qu’après avoir été approuvée par trois chapitres consécutifs.

29l. – Si extra capitulum generale in aliquo textu legum nostrarum occurrit aliquod dubium, interpre­ta­tioni declarati­vae magis­tri Ordinis standum est.

291. – [Constitution] Si en dehors du Chapitre général, dans un texte de nos lois surgit un doute, on doit s’en tenir à l’interprétation décla­rative du Maître de l’Ordre.

292. – § I. – Soli capitulo generali vel magistro Ordinis competit cum toto Ordine, vel permanenter cum provincia aut conven­tu aut fratribus a legibus Ordinis dispensare.

292. – [Constitution] § I. Il revient au seul Chapitre général ou au Maître de l’Ordre de donner dispense des lois de l’Ordre à l’Ordre tout entier ou, à titre permanent, à une pro­vince, un couvent ou des frères.

§ II. - Prior provincialis in sua provincia et prior con­ventualis in suo con­ventu fratres dispen­sare possunt in iis quae supe­riori altiori non reser­van­tur.

§ II. Le Prieur provincial dans sa pro­vince et le prieur conventuel dans son couvent peuvent accorder aux frères dispense en ce qui n’est pas réservé à un supérieur plus élevé.

293. – Dispensationes, nominationes, et alia similia quomodolibet per capitulum generale vel magistrum Ordinis sine temporis limitatione facta, in robore manent donec fuerint revocata per similem potestatem. Ab inferioribus autem capitulis vel superioribus quomodolibet facta per­durant usque ad promul­gationem actorum se­quentis capituli, aut us­que ad susceptionem offi­cii cuiusque eorum suc­cessoris nisi aliud in legi­bus nostris expresse ca­veatur.

293. – [Ordination] Les dispenses, no­minations et autres mesures semblables faites sans limites de temps et de quel­que manière que ce soit par le Chapitre général ou le Maître de l’Ordre demeu­rent en vigueur jusqu’à révocation par une autorité semblable. Celles faites de quelque manière que ce soit par les chapitres ou les supérieurs de moindre rang durent jusqu’à la promulgation des actes du Chapitre suivant soit jusqu’à l’entrée en charge de leur suc­cesseur, à moins de disposi­tion contraire de nos lois.

Art. III – De praecepto formali

Article III - Le précepte formel

294. – Praeceptum for­male, quod obligat sub gravi :

1° non fiat nisi de re se­cundum leges nostras ex se vel ex adiunctis gravi, prudenti consideratione et sufficienti inquisitione praehabitis, atque nonnisi in casu verae necessitatis ;

2° fiat semper in scriptis, ad tempus determinatum et accurate definiatur quid faciendum aut quid omit­tendum sit ;

3° exprimatur debita for­mula, videlicet : praecipi­mus (aut prohibemus) in virtute oboedientiae.



294. – [Constitution] Le précepte for­mel, qui oblige sous peine de faute grave :

1° ne sera donné que sur un point grave au regard de nos lois soit par lui-même, soit en raison des circonstances, après examen attentif et enquête suffisante, et uniquement en cas de vraie nécessité ;

2° sera toujours donné par écrit, pour un temps déterminé et avec l’indication précise de ce qu’il faut faire ou ne pas faire ;

3° sera exprimé selon la formule re­quise, à savoir : nous prescrivons (ou : nous interdisons) en vertu de l’obéissance.



295. – Praeceptum for­male dare possunt capi­tulum generale et provin­ciale necnon superiores et alii ex prae­dictorum de­le­ga­tione.

295. – [Constitution] Peuvent donner un précepte formel : le Chapitre général et provincial, ainsi que les supérieurs et ceux qui en ont reçu délégation.

296. – Praecepta cessant vel elapso tempore vel resoluto iure prae­cipientis.

296. – [Ordination] Les préceptes ces­sent soit par expiration de leur durée soit par cessation du pouvoir de qui les a portés.

297. – Invalidum est prae­ceptum :

1° si non sit datum in scriptis, aut si omit­tatur debita formula de qua in n. 294 ;



297. – [Constitution] Le précepte est in­valide :

1° s’il n’est pas donné par écrit ou si est omise la formule requise visée au n° 294 ;



2° si superior localis imponat praeceptum toti communitati sine praevio consensu prioris pro­vincialis vel, in casu ur­gentis necessitatis, con­silii conventus ; vel si prior provincialis illud imponat pro tota provincia absque consensu sui con­silii.

2° si le supérieur local impose précepte à toute sa communauté sans le consen­tement préalable du Prieur provincial ou, en cas d’urgente nécessité, du conseil conventuel ; ou bien si le Prieur provincial l’impose à toute la province sans le consentement de son Conseil.

Section deuxième
Le gouvernement


Sectio secunda
De ipso regimine


297-bis. – In negotiis tractandis vim habet iuris, quod, praesente maiore parte eorum qui convocari debet, placuerit parti ab­solute maiori, id est, quod excedat medietatem suf­fragiorum, suffragiis nullis et abstentionibus non computatis.


297-bis. – [Constitution] En toute af­faire aura force de loi ce qui, à supposer que soient présents la majeure partie de ceux qui devraient être convoqués, sera agréé par la majorité absolue, à savoir plus de la moitié des suffrages, les suf­frages nuls et les abstentions n’étant pas comptés.



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