Préambule 7 1 Etat des lieux sur les différents habitats et espèces de poissons dans la Sanaga 10




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3.4Développement et mise en œuvre d’une gestion durable des pêches


Le bilan assez catastrophique des gestions « Top Down » des pêcheries en Afrique Centrale justifie qu’on ne retienne pas ce modèle pour le barrage de Lom Pangar et que l’on choisisse un type de gestion alternatif.

L’alternative dite communautaire ou de co-gestion a malheureusement donné des résultats aussi mauvais. Dans un récent examen global de la co-gestion, Gutiérrez et al. (2011) ont constaté que l'élément le plus important dans la réussite d’une co-gestion est constitué par un leadership fort d'au moins une personne possédant des compétences entrepreneuriales, très motivée, respectée en tant que chef de file local et un engagement personnel de tous les acteurs au processus de mise en œuvre de la co-gestion. Le deuxième élément important dans les arrangements de co-gestion réussis est la cohésion sociale. Le troisième élément clé de la réussite est l’assurance d’un bénéfice et un accès exclusif aux zones de pêche, soutenu par une réglementation.

Dans le cas de Lom-Pangar, l'information recueillie auprès des collectivités locales interrogées montre que la plupart des responsables des villages ruraux ne résident pas dans les villages, mais dans les villes de Bélabo, Bertoua ou Yaoundé. Ceci est typique de la plupart des zones rurales du Cameroun. Les pêcheurs sont très dispersés, un ou deux dans chacun des nombreux petits villages qui parsèment la zone et la cohésion sociale entre eux est minime. Ils partagent une certaine connaissance de leur existence mutuelle mais ont très peu d'interactions. Un mécanisme assurant des bénéfices et réglementant les droits de pêche peut être le seul élément clé de la réussite d’une éventuelle co-gestion. C’est donc lui qu’il faut activer à l'avantage des communautés locales dans la région de Lom-Pangar.

En se rapportant à cette logique, nous pensons que le modèle habituel de co-gestion basé sur un comité de pêche qui supervise les quotas et la commercialisation et qui s'engage au nom de la communauté a peu de chance de réussir à Lom-Pangar dans l’immédiat. De plus, tout retard dans la mise en œuvre d'un plan permettant la mise en place des éléments nécessaires à la réussite d’une véritable co-gestion rendra plus facile l’installation de pêcheurs venus d'autres régions et rendra tout effort d'action collective encore plus difficile. Pour cette raison nous proposons la mise en œuvre rapide d'un modèle plus entrepreneurial, engageant les principaux responsables des villages à travailler avec un Comité de Pilotage et un homme d'affaires local pour mettre en place et faire fonctionner une structure de commercialisation qui transforme et vende, préférentiellement dans les marchés urbains, les poissons capturés par des pêcheurs locaux agréés. Une telle approche présente l'avantage supplémentaire d'être cohérente avec la stratégie actuellement proposée par le MINEPIA.


3.5Gestion du projet


La logique de l’approche que nous proposons est basée sur l'histoire des pêcheries en Afrique et ailleurs: la cohésion sociale à part, les stratégies qui comportent un leadership fort, qui limitent l'accès et en retour procurent d'importants revenus pour les pêcheurs ayant coopéré ont une chance beaucoup plus grande d'être prises en charge par les collectivités locales. L’élément clé de ce système est d’éviter les conflits en obtenant le plus tôt possible l'engagement proactif des communautés locales.

La notion d’équilibre entre les besoins de développement des infrastructures, la conservation et la prospérité économique des communautés n'a pas été largement intégrée dans la planification des projets de barrage en Afrique jusqu’à ce jour. Pour cette raison, nous avons peu d'informations de base sur lesquelles fonder nos projections. Une approche progressive en plusieurs phases facilitera un processus d'apprentissage adaptatif qui permettra de maximiser les chances de succès.



L'ensemble du processus sera guidé et supervisé par un Comité de Pilotage de la pêche composé d'un représentant de l'entité de gestion du barrage, un représentant du ministère de la Production animale et des Pêches (MINEPIA), du ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF), de l'Institut pour la recherche agricole pour le développement (IRAD) et d’un gestionnaire de projet (pour servir en tant que secrétaire). La planification et les opérations seront coordonnées par le chef de projet basé à proximité du débarcadère principal (Dongo par exemple) une fois qu’un logement adéquat aura été mis à disposition. Le choix du gestionnaire de projet sera crucial pour le succès du projet et devra donc être fait avec grand soin. Il n'est pas possible de déterminer quelles capacités de leadership locales seront mobilisables à court terme (voir la discussion sur les groupes des pêcheurs, ci-dessous). Pour cette raison, une grande partie de la réussite de la phase de mise en œuvre dépendra de la capacité du gestionnaire de projet à se montrer flexible est à interagir positivement avec les communautés locales et le Comité de Pilotage. Muni de la capacité de réglementer, de financer ainsi que de capacités scientifiques, le Comité de Pilotage sera chargé de l'intégration des données biotechnologiques, sociales et économiques dans le développement et la mise en œuvre d'un plan de gestion global. Le comité devra également assurer l'intégrité financière et la transparence du projet en engageant chaque année un auditeur externe pour examiner et approuver les comptes du projet.

Figure 7 : Principe d’organisation du comité de pilotage de projet


Groupe de pêcheurs

Opérateur privé

IRAD

Comité de pilotage

EDC

MINEPIA

MINFOF

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