Préambule 7 1 Etat des lieux sur les différents habitats et espèces de poissons dans la Sanaga 10




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3Pêcherie durable dans le réservoir de Lom-Pangar: une stratégie pour un management adaptatif

Le contexte dans lequel la gestion du réservoir de Lom-Pangar devrait fonctionner est complexe et il existe peu de précédents succès sur lesquels prendre exemple pour définir une stratégie de développement de la pêche. Contrairement à la pêche pratiquée dans les plans d'eau naturels, où la plupart des pêcheurs pratique la pêche pour gagner de l’argent, la pêche dans la zone de Lom-Pangar est essentiellement artisanale et de subsistance. Le peu de poissons vendu l’est localement et de façon saisonnière. Il n'y a pas de responsable reconnus des pêcheurs, ni rien qui pourrait être considéré comme une «communauté de pêche" dans la région, bien que en aval du bassin, des efforts soient faits dans ce sens sous la pression du marché. Avec la création du barrage, la nature de la pêche à Lom-Pangar ainsi que son rôle dans l'économie locale sont appelés à profondément changer.


3.1Importance d’une gestion des pêches réussie


La protection du Parc National de Deng-Deng (PNDD) est un élément clé de l’aménagement du territoire dans la région. La gestion de la pêche dans le réservoir de Lom Pangar part du principe que les principes d’aménagement du territoire qui seront retenus dans le cadre du projet Lom Pangar, permettront un juste équilibre entre : (i) les enjeux de conservation liés à la protection des habitats critiques du PNDD, (ii) l’indispensable développement d'infrastructures de base (dispensaires, écoles, routes, forages, etc.) pour les collectivités touchées, (iii) les opportunités économiques qui se développeront.

Du succès de la mise en place et du fonctionnement efficace d’un système de gestion de la pêche dans le réservoir, dépendront à la fois l’amélioration de l’économie locale et la conservation de la faune sauvage. En effet, la pêche constitue pour les communautés locales, une alternative réaliste au braconnage à la fois comme source de nourriture et comme source de revenus.


3.2Coûts / bénéfices et impacts


La création d'emplois est le bénéfice attendu le plus important et dépendra à la fois des investissements dans les infrastructures et des améliorations de la productivité de la pêche. Le potentiel de captures d’une telle retenue peut être estimé à environ 1200 TPA (tonnes par an) à 1000 FCFA par kg (prix évalué comme prix de gros à Dongo pour un prix de détail de 1500 FCFA à Bertoua) ce qui représente plus d’un milliards de FCFA.

Les données disponibles montrent qu’un niveau moyen de retenue inférieur à la cote 660 m NGC (correspondant à un volume d’environ 1,76 km3) est pénalisant en termes de productivité halieutique. Avec un niveau moyen de retenue de 660 m, on estime que de 400 tonnes, la production piscicole pourrait passer à quelque 1 200 tonnes produites par environ un millier de pêcheurs professionnels pouvant exercer leur activité toute l’année.

Cependant, la production de la retenue sera significativement limitée par le Niveau Minimal d’Exploitation (NME) de la retenue qui compte tenu de son rôle principal de régulation est a été fixé à 649m NGC. Pour une retenue d’une capacité de 6 milliards de m3, le NME pourrait être atteint tous les 7 à 8 ans. A ce niveau, les risques d’anoxie dans la retenue et de mortalité massive du poisson sont très importants et il convient de maitriser les impacts potentiels de ce facteur limitant au travers d’une part d’une limitation des droits d’accès à la retenue et d’autre part de la mise en place d’un fond de garantie.


3.3La nécessité d'une action rapide et décisive


Les Camerounais ne sont pas traditionnellement des pêcheurs. Cette tendance se reflète dans les styles de vie des communautés dans la zone de Lom-Pangar. La transition de la stratégie actuelle plutôt orientée vers la viande de brousse vers une économie de pêche commerciale (où les biens nécessaires seront achetés et vendus plutôt que prélevés dans la nature) va obligatoirement s’inscrire dans le temps. Les pêcheurs habitués à l'utilisation de pirogues avec pagaies et à des moyens rudimentaires de pêche comme les lignes à hameçons ou les nasses auront besoin de formations pour connaitre le fonctionnement des moteurs de bateau et l'utilisation de filets maillants nécessaires pour accéder efficacement aux stocks de poissons lacustres. Par ailleurs, au fur et à mesure que le réservoir de Lom Pangar va devenir productif, des pêcheurs étrangers, déjà habitués à la pêche en lac viendront s’installer. Ils viendront sans doute du lac Tchad et du système de la Benué ou tout simplement des autres réservoirs situé sur la Sanaga.

Étant donné que ces pêcheurs ont l'expérience nécessaire et des engins de pêche adaptés à ce nouvel environnement, c’est sans aucun besoin d’une quelconque intervention extérieure qu’à moyen terme ils domineront la pêche au détriment des pêcheurs locaux. Les avantages résultant pour les collectivités locales seront alors insuffisants pour réduire la pauvreté de manière significative et ne pourront alors justifier l'engagement de la population dans le système de gestion et d'interdiction de la viande de brousse dans le parc de Deng-Deng. De plus, dans ces conditions l’émergence de conflits est quasi certaine.

Les systèmes de management des pêcheries qui n’ont pas fonctionnés ont souvent en commun un problème de gestion des conflits. A l'heure actuelle, les pêcheurs interagissent avec un niveau d’entente ou de discorde habituel à ce qu’on observe au sein d’un groupe quelconque de personnes exploitant n’importe quelle ressource commune. Cependant, une fois que des pêcheurs étrangers se seront installés dans la région et y auront établi des canaux de commercialisation (capture et fumage du poisson dans des camps de pêche et approvisionnements réguliers des marchés), il sera très difficile de les déplacer sans générer d’importants conflits que les autorités camerounaises auront bien des difficultés à gérer. Il est donc impératif d’une part de de maitriser l’accès à la retenue et d’autre part d’informer les pêcheurs locaux tout en leur offrant la garantie de disposer d’un accès sécurisé à la pêche.

Nous pensons qu'il est important de renforcer le plus tôt possible la capacité des communautés locales à comprendre les changements qui vont se produire et s’imposer à eux afin de leur donner le temps d’adopter plus facilement un nouveau styles de vie alternatifs. Il n’est pas réaliste de penser que ces populations rurales de s'adapter rapidement et s’adapteront rapidement et facilement aux changements importants auxquels elles vont être confrontées.


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