Préambule 7 1 Etat des lieux sur les différents habitats et espèces de poissons dans la Sanaga 10




старонка4/15
Дата канвертавання24.04.2016
Памер0.72 Mb.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   15

1.3Description et analyse du milieu biophysique et socio-économique dans le secteur de Lom Pangar

1.3.1Description des écosystèmes aquatiques associés


Les écosystèmes aquatiques du Lom et du Pangar jusqu'à la confluence avec le Djerem, sont très semblables, au niveau du régime des crues et de la qualité de l’eau (température, turbidité, conductivité) ; après la confluence avec le Djerem, des modifications se produisent, et qui sont dues aux apports du barrage de Mbakaou, et plus particulièrement en saison sèche. Les eaux de la Sanaga sont alors plus troubles que dans le système Lom Pangar.

Cependant, d’après les informations reçues des pêcheurs et les observations directes réalisées, la faune piscicole ne présente pas de variation significative quant aux espèces présentes par rapport au système Djerem/Sanaga. Seules les tailles des poissons varient, et dans les parties amont du Lom et du Pangar, les espèces qui atteignent de grandes tailles, Lates, Clarias, Heterobranchus, Labeo, seraient plus rares que dans le système Djerem/Sanaga.

Les profils en long des différents tronçons se ressemblent également, avec une succession de biefs rapides et d’eau plus lente, où on retrouve respectivement les espèces qui privilégient les eaux plus oxygénées (Hydrocynus, Lates, Brycinus), et les espèces d’eau calme comme les Cichlidés et les Clarias, Bagrus.

1.3.2Caractérisation de l'activité pêche

1.3.2.1Les pêcheurs


Le nombre de pêcheurs professionnels a été estimé à environ 380 qui appartiennent en majorité aux groupes ethniques Baya, Képéré et Bobilis. Près de 240 ont été rencontrés au cours des différentes missions dans les différents campements du Lom, du Pangar, du Djerem, et de la Sanaga, en aval de Bélabo.

L’activité est essentiellement masculine; quelques femmes s’adonnent à l’activité en saison sèche, en barrant des petits marigots et en capturant des poissons de petite taille (silures, Barbus, Tilapia) avec des paniers. Il s’agit alors surtout d’une pêche de subsistance.

Dans leur quasi-totalité ils sont aussi agriculteurs et partagent leur travail entre la pêche, surtout abondante de novembre à mai - juin, et les travaux des champs de juillet à octobre.

La période des pluies et des hautes eaux du Lom, du Pangar et du Djerem, correspond aussi à une saison plus difficile et moins productive pour la pêche (forts courants et poissons dispersés). Néanmoins certains pêcheurs estiment pêcher près de 300 jours par an (Lom et Pangar près du confluent, et dans le Djerem), d’autres seulement une centaine de jours (parties supérieures du Lom et du Pangar).


1.3.2.2Equipement


Les embarcations sont des pirogues non motorisées, soit monoxyles, soit construites en planches: d’une longueur de 5 à 7 m, elles ont une durée de vie qui dépasse rarement 3 ans.

Les pêcheurs utilisent surtout des filets maillants de plusieurs dizaines de mètres de long et d’environ 2 m de chute; les mailles varient de 3 cm à 10 cm de côté. Les nappes sont achetées en ville (Douala, Bertoua) et montées par les pêcheurs: elles ont une durée de vie de 4 à 6 mois et sont facilement déchirées par les débris flottants (troncs, branches), parfois par les loutres, hippopotames ou crocodiles. Il faut noter que très peu de pêcheurs réparent leurs filets, et beaucoup manifestent leur souhait de recevoir une formation dans ce domaine.

Les lignes dormantes sont de deux types: certaines sont équipées d’hameçons de grande taille (n°0) et appâtées pour la capture, en particulier de capitaines, Clarias, Heterobranchus . Il peut s’agir d’un fil avec un seul hameçon, ou d’une ligne pourvue de plusieurs avançons (jusqu'à 20 ou 30): ces lignes sont posées en eau profonde; le deuxième type est une ligne pourvue de 200 à 300 avançons et d’hameçons plus petits (n° 10 -12), elles sont posées non appâtées en zones peu profondes et capturent des Chrysichthys, Clarias, Synodontis, Labeo.

Les éperviers sont communs et en général fabriqués par le pêcheur lui-même: ils sont surtout utilisés dans les eaux calmes, en saison sèche, et permettent de capturer un grand nombre d’espèces différentes et de tailles variables.

Il faut noter que les pêcheurs ont en grande majorité une pêche respectueuse de l’environnement, et que les engins permettent surtout de capturer des poissons adultes.

1.4Description et analyse de l’utilisation actuelle des ressources

1.4.1Inventaire piscicole


La détermination a été menée de trois manières différentes: l’observation des captures au niveau des débarcadères, la présentation aux pêcheurs de photos et dessins dont Vivien (1991), Lévêque et al. (1991-1992), Mbega et Teugels (2003), et enfin par la détermination d’échantillons collectés pendant la mission et gardés dans du formol.

Lors des premiers inventaires en 2004, 60 espèces de poissons ont été identifiées en représentant 16 familles. Parmi celles-ci les Mormyridae (12 espèces) et les Cyprinidae (15 espèces) sont les plus représentées. La liste détaillée avec les noms scientifiques et les noms vernaculaires en Baya et en Képéré est indiquée en annexe 2. Les photos des spécimens sont montrées en annexe 3. Les missions différentes missions effectuées depuis 2004 n’ont pas permis d’identifier une évolution significative dans la variété et la répartition des espèces.

Il faut noter cependant, que quelques incertitudes demeurent: un point d’interrogation a été mentionné dans la liste figurant annexe 2 pour indiquer que ces espèces sont, en principe absentes du bassin de la Sanaga et n’ont pas été indiquées par Vivien.

Deux genres, Malapterurus electricus, et Synodontis negrita ont été mentionnés une seule fois et par un seul pêcheur, leur existence n’est donc pas certaine.

La population est en équilibre avec la présence d’espèces à large spectre alimentaire telles les Alestes, Schilbe, des espèces microphages telles Oreochromis, Tilapia, Labeo, des espèces macrophytophages telles Brycinus macrolepidotus; et des espèces carnivores telles Hepsetus odoe, Lates niloticus (capitaine), Hydrocynus sp, et Heterobranchus longifilis.

La construction du barrage modifiera cet équilibre, et dans la retenue, certaines espèces risquent de diminuer, par suite de l’envasement des frayères : c’est les cas des Mormyridae et Citharinidae; les espèces qui privilégient les milieux bien oxygénés comme les Hydrocynus, pourraient aussi diminuer. Le cas du Lates est particulier car, d’une part, il va bénéficier d’une nourriture abondante (grâce au développement des Oreochromis et Tilapia qui trouveront un milieu favorable), mais d’autre part le milieu ne sera bien oxygéné qu’à l’arrivée des rivières dans la retenue (Lom, Pangar et nombreux cours d’eau secondaires).

Le développement des capitaines dépendra ainsi davantage du mode gestion de la pêche et qui est décrit plus loin dans les recommandations, que des nouvelles conditions environnementales. Les Clarias se développeront dans un milieu favorable (reproduction dans les herbiers peu profonds en saison des pluies), mais leur diminution peut aussi être la conséquence d’une mauvaise gestion du niveau de l’eau et de la pêche, comme cela a été observé à la Mapé.

En aval du barrage les modifications d’équilibre des populations de poissons dépendront essentiellement du débit réservé, et de la qualité de l’eau. Comme il l’a été mentionné plus haut, il est recommandé pour les vidanges, de mélanger des eaux de fond (pour ne pas accumuler de couches désoxygénées dans la retenue) avec des eaux de surface. En période d’étiage, l’aval devrait recevoir un débit plus important (90 m3/s) que dans les conditions naturelles (entre 65 et 85 m3/s entre février et avril): ainsi devraient se développer à la fois les Cichlidés et les capitaines qui s’en nourrissent.

En fonction de la sédimentation des milieux d’alimentation et des frayères, difficile à prévoir, l’abondance des Labeo sp. pourrait diminuer sur une courte distance, entre la digue et le Djerem (13 km), avant de retrouver des conditions « normales » dans la Sanaga. Les autres espèces ne devraient pas modifier beaucoup leur comportement, dans la mesure où les débits de sortie du barrage envoient dans le Lom aval une eau suffisamment oxygénée.

1.4.2Faune non piscicole


La faune non piscicole, mammifères et reptiles surtout, ne semble pas non plus avoir beaucoup évolué en quantités ces dernières années : les pêcheurs citent essentiellement les hippopotames, les loutres, et les crocodiles, comme étant les animaux qui gênent le plus la pêche. Il arrive que des crocodiles soient pris dans les filets, ils sont alors consommés, et la peau est vendue.

Le braconnage de l’hippopotame existe, mais ne semble pas être une activité fréquente, ni n’avoir de conséquence sur leur abondance. En règle générale, ils sont protégés et "respectés", malgré le piégeage reconnu, et pratiqué par des chasseurs (braconniers) professionnels. Ces animaux resteront présents dans la retenue, et pourront attirer des touristes.


1.4.3Estimation de la production


La situation de la pêche est restée assez constante ces dernières années: d’après les informations reçues directement des pêcheurs, leur nombre est resté stable, et ils ne peuvent faire part de variations importantes des captures (à la hausse ou la baisse). Les années meilleures que la moyenne correspondent à l’arrivée tardive des crues, et par conséquent, à une activité soutenue qui se prolonge au-delà du mois de mars.

Les anciens pêcheurs mentionnent que hormis 3 ou 4 espèces qui ont pratiquement disparu depuis la mise en eau du barrage de Mbakaou, la composition des captures (présence relative des différentes espèces) n’a pas évolué, ni la taille des principales espèces ciblées (Lates, Labeo, Brycinus, Hydrocynus, Clarias), et la capture de spécimens de grande taille, en particulier des Lates et des Clarias, se produit chaque année.

En l’absence de statistiques établies régulièrement, il est difficile de connaître le niveau de production dans les différents secteurs (Pangar, Lom, Djerem); cependant les interviews de pêcheurs et les informations reçues du représentant du MINEPIA, ainsi que les pesées réalisées pendant les missions, permettent d’établir des fourchettes de production annuelle. Les poissons ne sont jamais pesés par les pêcheurs ou les acheteurs (revendeuses), mais vendus « en cordes »: des pesées ont été faites pendant la mission et une corde représente environ 1.5 kg.

Le niveau des captures est variable suivant les pêcheurs (ceci dépend du temps consacré à l’activité et du matériel dont ils disposent). Les pêcheurs estiment capturer entre 5 et 10 kg par jour en saison sèche (novembre à mars), et exceptionnellement 50 à 60 kg. Le nombre de jours de pêche varie suivant les zones, d’environ 100 jours par an dans le haut Lom et le haut Pangar à près de 300 jours par an dans le Djerem et les pêcheurs indiquent qu’en pleine saison des crues, les captures atteignent seulement 2 à 3 kg.

Sur une base retenue de 380 pêcheurs, l’estimation s’établis comme suit:

180 pêcheurs travaillent 300 jours par an et capturent en moyenne 7.5 kg par jour de novembre à mars et 2.5 kg d’avril à octobre; 100 pêcheurs travaillent 220 jours par an avec les mêmes productions (120 jours et 100 jours respectivement); et enfin 100 autres pêcheurs pêchent seulement de novembre à mars et prennent 7.5 kg/jour:



180 pêcheurs x 7.5 kg x 120 jours

=

162 tonnes

180 pêcheurs x 2.5 kg x 180 jours

=

81 tonnes

100 pêcheurs x 7.5 kg x 120 jours

=

90 tonnes

100 pêcheurs x 2.5 kg x 100 jours

=

25 tonnes

100 pêcheurs x 7.5 kg x 120 jours

=

90 tonnes

Total 

=

448 tonnes

Ce qui correspond en moyenne à 1,18 tonne par pêcheur et par an.

Un calcul empirique à partir de l’ensemble du bassin versant, et fourni par Welcomme (1985) donne le résultat suivant :

C = 0.03 A exp 0.97

Avec C en tonnes et A la surface du bassin versant en km2

Dans le cas présent A vaut 19 700 km2 ; et donc C = 580 t

Le chiffre de 448 tonnes est donc possible, compte tenu que des poissons du bassin versant sont capturés en dehors du Lom et du Pangar, dans les très nombreux affluents et sous affluents, et que le Djerem est extérieur au bassin versant.


1.4.4 Commercialisation du poisson : Etat de la filière piscicole dans la zone d'étude


La plus grande partie des captures est commercialisée en frais; le fumage n’est opéré que dans les campements éloignés des villes ou villages, et dans lesquels les pêcheurs s’installent pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Les captures en frais sont livrées au niveau des débarcadères, des pêcheurs à leurs acheteuses, qui transportent les poissons jusqu’au marché. Chaque pêcheur cède ses captures toujours à la même acheteuse, qui est souvent sa femme ou une proche, ou une commerçante sans lien de parenté. Celle-ci rejoint alors le marché, à pied ou en transport motorisé (souvent en moto). En général les pêcheurs apportent leurs prises le matin, vers 7 - 8 heures, et l’après-midi vers 16 - 17 heures.

Le fumage traditionnel est opéré chaque jour dans les campements isolés, et le poisson fumé est livré une fois par semaine ou par quinzaine au marché hebdomadaire le plus proche, ou au marché du village ou de la ville où vit la famille du pêcheur.

Le four amélioré (type Chorkor) n’est que peu mentionné: quelques anciens pêcheurs évoquent les démonstrations faites dans les années 60, mais l’abondance de bois n’incite pas à l’économiser.

Une faible part des captures n’est pas commercialisée, elle sert à l’autoconsommation du pêcheur et de sa famille; on peut évaluer à 10 % cette part autoconsommée lorsque le pêcheur vit au village avec sa famille.

La concurrence existe au niveau des marchés, avec les poissons de mer (ethmaloses -« bonga » - et le thon), originaires de la côte Atlantique camerounaise, ou importés. Les pêcheurs indiquent en acheter de temps en temps pour varier leurs repas.

Les prix sont difficiles à connaître au niveau des débarcadères, car le plus souvent les captures sont livrées à la commerçante sans échange d’argent: quand il s’agit du pêcheur à sa femme, cela se comprend facilement (néanmoins certains pêcheurs vendent le poisson à leur femme); dans les autres cas, les échanges d’argent sont peu visibles au niveau du débarcadère.

Au niveau des marchés les prix varient en fonction de la taille, et de la fraîcheur; le matin - vers 8 ou 9 h - les poissons frais, parfois vivants sont vendus à l’unité pour les grosses pièces, ou « au tas » pour les espèces plus petites: les revendeuses possédant une balance font exception.

Comme la glace n’est pas disponible sur les marchés de Bélabo, ni de Bétaré Oya, la qualité du poisson à l’étalage diminue au cours de la journée; les prix baissent légèrement, et le poisson non vendu est soit mis au congélateur, soit fumé, soit encore en partie consommé par la revendeuse et sa famille.

Le poisson fumé au niveau des campements ne crée pas de valeur ajoutée, les poissons fumés sont vendus en tas, environ 2.5 à 3 fois plus chers que le poisson frais, ce qui correspond à peu près au prix du frais, compte tenu de la perte de poids pendant le fumage. Comme ailleurs au Cameroun, les poissons de petite taille (jusqu'à 300 grammes) sont fumés généralement entiers ; les poissons de taille supérieure sont le plus souvent éviscérés (à l’exception des Clarias). Les gros poissons, tels, Lates, Heterobranchus, Brycinus, Bagrus, sont coupés en plusieurs morceaux avant le fumage, et le poids fumé correspond alors à environ 25 % du poids frais.



Les services du MINEPIA opèrent des contrôles vétérinaires réguliers sur les marchés urbains comme celui de Bélabo, pour observer l’état de fraîcheur, et la qualité du fumage et la présence éventuelle de poissons détériorés (notamment présence de dermestes, nécrobies dans le poisson fumé). Les apports de poisson fumé dans les campements sont réguliers (les pêcheurs se rendant dans leurs villages au moins deux fois par mois), ainsi les poissons fumés ne restent pas plusieurs mois invendus. D’autre part, il est fréquent que les revendeuses fument à nouveau légèrement le poisson, ce qui diminue encore les risques d’infestation par les insectes.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   15


База данных защищена авторским правом ©shkola.of.by 2016
звярнуцца да адміністрацыі

    Галоўная старонка