Préambule 7 1 Etat des lieux sur les différents habitats et espèces de poissons dans la Sanaga 10




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Préambule


Le projet de barrage réservoir situé à la confluence des rivières du Lom et Pangar dans la région de l’Est du Cameroun (Voir Figure 1) va considérablement modifier le régime hydrologique du bassin du fleuve Sanaga. Les principaux régulateurs du fonctionnement des écosystèmes riverains sont directement liés au régime hydrologique. Les modes de reproduction des poissons, la saisonnalité de l'abondance de nourriture et de chargement des sédiments, l'injection d'éléments nutritifs importants de la plaine inondable et l'accès pour les pêcheurs sont tous contrôlés par le niveau de l'eau et la périodicité des inondations.

Figure 1 : Localisation du réservoir de Lom-Pangar dans le bassin de la Sanaga





De plus, d'une transformation complète des espèces présentes, comme pour toutes les structures de populations de poissons associées à la création d'un lac où jadis coulait un fleuve, le régime hydrologique sera profondément modifié (Voir Figure 2) et affectera l'intégrité écologique de l’ensemble du cours moyen du fleuve Sanaga. À l'heure actuelle, la Sanaga représente un modèle de décharge monomodal avec débit maximal moyen à l'embouchure d’environ 4 700 m3/s en Juin/Juillet. Selon les rapports publiés, le système de Lom-Pangar ne contribue qu'à environ 12% (250 sur 2 060 m3/s) du débit moyen libéré de la Sanaga. Cependant parce que les pics du Lom arrivent un peu plus tard dans l’année, environ 600 m3/s en Septembre/Octobre, il pourrait alors contribuer à environ 60% du débit total lors de ces deux mois.
Figure 2 : Fluctuations annuelles du débit du Lom avant (bleu) et après (rouge ou noir) la construction du barrage (Données 2004).



La réduction du pic de débit et la modification de la saisonnalité du volume d'eau dans le Lom n’auront pas seulement un impact considérable sur les flux saisonniers de la Sanaga mais également un impact majeur sur les stocks de poissons dans la mesure où la montée des eaux nourrit l'écosystème, stimule le comportement de frai et de génère des refuges pour les poissons au cours des phases clés du cycle biologique (Reid et Sydenham 1979). Pour la majorité des espèces dans le système de la Sanaga, le pic annuel du débit est l'élément déclencheur de la ponte, la plupart des espèces se reproduisant pendant les hautes eaux entre Juin et Août. Au fur et à mesure que le niveau de l’eau augmente, les juvéniles se déplacent vers les petits cours d'eau et de là dans la plaine d'inondation (forêts inondées dans la plupart des cas), où des niveaux élevés de nutriments provenant de la décomposition des matières organiques vont générer des ressources alimentaires abondantes. Bien que difficile à quantifier en raison du manque d’études exhaustives, le régime hydrologique artificiel et la prévention des inondations annuelles résultant du relargage régulé à partir du barrage auront probablement un fort impact négatif sur la ponte, la survie des larves et la croissance et le recrutement des stocks de pêche, diminuant les disponibilités alimentaires et réduisant les possibilités de revenus pour les communautés actuelles de pêcheurs. En effet, les pêcheurs dans le bassin moyen Sanaga observent déjà une diminution importante des captures de poissons qu’ils attribuent aux modifications hydrologiques entraînées par les trois autres barrages existants dans le bassin de la Sanaga (Voir Figure 1). Pour la section de la rivière Djerem en amont de la confluence avec la Lom jusqu'au barrage de Mbakaou, il devrait y avoir peu de changement sur le régime d'inondation existants et sur l'accès à la forêt inondée. En aval, les impacts du barrage de Lom-Pangar vont s’ajouter à ceux des barrages de Mapé, Bamendjing et Mbakaou, conduisant finalement à une modification profonde de la chaîne alimentaire, à l'effondrement de la reproduction pour certaines espèces aboutissant à une productivité globale de poissons beaucoup plus faible avec des conséquences négatives pour les communautés riveraines. Toutefois, la création du lac de retenue, exploitable pour la pêche, représente une opportunité importante de développement local. Le canevas d’un plan de gestion de la pêche est proposé en fin de document.

La présente étude fait suite et complète des travaux effectués i) lors de l’évaluation environnementale de 2005 pour le projet de Lom Pangar et ii) lors d’investigations complémentaires menées par les mêmes auteurs que le présent rapport  en Juin 2008.

L'objectif du présent rapport est:

1. d’identifier les espèces les plus susceptibles d'être affectées, positivement ou négativement, par la construction du barrage et la modification du régime hydrologique dans le bassin moyen du fleuve Sanaga.

2. d’établir un état des lieux initial en termes de productivité (poissons) qui pourra être utilisée pour l'évaluation des futurs impacts environnementaux.

3. d’évaluer l'ampleur des impacts de la construction du barrage sur l'exploitation des pêches et des moyens d'existence des communautés de pêcheurs le long de la Sanaga-Orientale.

4. De proposer un plan de gestion des pêches dans le barrage pouvant conduire à des améliorations durables de la productivité des poissons et à un développement local.


1Etat des lieux sur les différents habitats et espèces de poissons dans la Sanaga

1.1Les différents habitats dans le bassin de la Sanaga


L’écoulement unidirectionnel de l’eau et des sédiments depuis l’amont vers l’aval crée un gradient longitudinal : débits, profondeurs et largeurs du cours augmentent vers l’aval et au contraire, en général, pente, vitesse du courant et granulométrie de sédiments diminue.

Ce gradient de conditions physiques induit une réponse des communautés biologiques qui correspond aux différences de capacités d’adaptation des espèces aux contraintes du milieu et aux ressources alimentaires disponibles.

On peut établir une zonation physique en rangeant les cours d’eau par catégorie. La règle est simple, la rencontre de deux cours d’eau de même catégorie donne un cours d’eau de catégorie supérieure. Néanmoins, cette zonation n’est pas toujours aisée à mettre en relation avec celle des peuplements de poissons.

Pour cette raison, on lui préfère une zonation écologique. Plusieurs zonations écologiques des cours d’eau ont été proposées. La plus connue et encore largement utilisée (Huet, 1949) consiste à considérer la largeur et la pente des cours d’eau. En prenant en compte ces deux paramètres, on peut estimer quelles populations de poissons prédominent.

Pour ce qui concerne la zone d’étude (de la confluence avec la Sanaga jusqu’aux sources du Lom et du Pangar) on peut considérer la zonation suivante adaptés de Lowe-McConnell (1975):

1- Les têtes de bassin (sources et ruisseaux d’ordre 1)

En général l’eau sort du sol sous la couche d’humus. Elle est claire ou légèrement ambrée, très douce et de pH légèrement acide. La profondeur du ruisseau dépasse rarement une vingtaine de centimètres.

Dans la zone considérée, ces sources sont souvent pérennes mais certaines se tarissent néanmoins en fin de saison sèche.

2- Les petits ruisseaux (ordre 2, 3,..) qui se jettent dans le Lom ou le Pangar

L’eau y est plus chargée en limon, le pH devient plus proche de la neutralité. La profondeur peut atteindre un mètre au milieu de ruisseau, un peu plus après une pluie qui dans ce cas rendra l’eau trouble de façon transitoire.



3- Les rivières Lom et Pangar 

On passe brusquement à un ordre de grandeur bien supérieur avec une rivière pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres de large et plusieurs mètres de profondeur. L’eau est toujours plus ou moins chargée en limon.

Il faut y distinguer deux types d’habitat, la zone pélagique et la zone benthique.

La zone pélagique comprend l’ensemble de la colonne d’eau alors que la zone benthique est constituée par le fond de la rivière.

Ces habitats sont eux même assez divers de part leur épaisseur ou profondeur ou de part la force du courant qui peut être très faible à très fort (rapides) tout cela variant également fortement en fonction de la saison.

4- les zones de marécages et forêts inondées

Ce sont des zones qui sont rarement pérennes (dans la région considérée) et résultent de la montée des eaux en saison des pluies. Leur profondeur est en général faible (souvent inférieure à 1 mètre) et le courant y est faible.


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