Préambule 7 1 Etat des lieux sur les différents habitats et espèces de poissons dans la Sanaga 10




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Annexes 1 : Synthèse des connaissances sur l’Ecologie des familles de poissons présentes dans le bassin de la Sanaga



Les Alestidae sont un groupe très répandus et diversifié, parmi lequel il existe de nombreuses formes lacustres et fluviales. Dans la Sanaga les genres Alestes, Brycinus et Hydrocynus sont dominants dans les prises de pêche. Les Alestidae se reproduisent dans les plaines d’inondation à la saison des pluies lorsque l’eau monte ou encore directement dans le lit de la rivière après de fortes pluies (Daget 1952). Dans le cas où il n’y a pas de période d’inondation, ils peuvent se reproduire tout au long de l’année (Paugy 1982). Brycinus macrolepidotus, en particulier, ne semble pas avoir de véritable saison de ponte (Paugy 2002). Bien que généralement omnivores (Ghazaï et al. 1991), les Alestidae dépendent fortement des matériaux allochtones pour leur nutrition, en particulier les insectes terrestres et les graines qu'ils trouvent en abondance dans les bassins versants inondés pendant la saison des pluies (Daget 1952, Durand et Loubens 1967, Lauzanne 1973, Paugy 1982) car le canal principal des rivières est relativement pauvre en nourriture. Lauzanne (1973) a trouvé un grand nombre de zooplancton dans l’estomac des Alestes spp jeunes, les adultes quant à eux sont connus pour s'attaquer aux jeunes plants de riz (Daget, 1952). Même les espèces très piscivores du genre Hydrocynus dépendent fortement de l'accès aux plaines d'inondation pour leur alimentation. Elles pondent en saison sèche ce qui permet à leurs descendants d’avoir une taille suffisante pour pré-dater les juvéniles de nombreuses espèces qui fraient en période d'inondation (Dansoko et al. 1976, Paugy 2002). Les Alestidae semblent avoir une tendance générale à la migration associée à un sens très développé du courant, se déplaçant souvent sur de longues distances (jusqu'à 400 km dans le Moyen-Niger) vers l’amont ou vers l’aval, probablement en quête de nourriture, lorsque l'accès aux plaines d'inondation leur est impossible (Daget 1952). Malgré leur tendance à se déplacer, ils sont généralement incapables de profiter des passes à poissons sur les barrages. Seuls les plus grands individus des plus grandes espèces réussissent à nager à contre-courant (Daget, 1952). Au cours de cette période de basses eaux et lors des périodes de longue errance, la croissance est presque nulle, de sorte que des bandes de croissance très visibles s’observent sur les écailles ce qui rend les Alestidae (au moins fluviaux) relativement facile à âger par rapport aux autres poissons tropicaux (Daget 1952, Durand et Loubens 1969). Les Alestidae atteignent leur maturité vers la fin de leur première année, avec un succès reproducteur qui paraît directement lié à l'accumulation de graisse au cours des inondations (Daget, 1952). Dans les lacs, les Alestidae sont connus pour frayer en périodes de crues, remontant les affluents ou entrant dans la plaine inondée pour libérer leurs œufs (Durand et Loubens 1970, Munro et al. 1990). On a cependant parfois observé (Hopson, 1972) des individus gravides sur les bords herbeux du lac Tchad. Parmi les Alestidae qui se trouvent dans la Sanaga, les genres Alestes, Hydrocynus et Brycinus ont tous des formes adaptées avec succès à la vie lacustre (Greenwood 1959, Lewis 1974).
Les Amphiliidae sont un groupe d'espèces de rivière vivant à proximité du substrat dans les zones rocheuse où l’eau est turbulente comme dans les rapides (Harry 1953, Adriaens 2003) où ils se nourrissent en broutant ou raclant les algues et les invertébrés associés sur les surfaces immergées (Adriaens 2003). Bien qu’il ait également été signalé dans des eaux claires et turbulentes dans le bassin du Congo par Skelton (1986), le genre Amphilius, observé en aquarium, semble plus apte que les autres Amphiliidae à vivre dans des eaux moins courantes.
Les Anabantidae sont des poissons que l’on trouve dans les marais et qui disposent de la capacité de respirer directement l'oxygène atmosphérique. Ils sont relativement rares en rivières, la plupart des espèces préfèrent les eaux calmes, les habitats herbeux, où ils se nourrissent d’insectes terrestres. Ils se reproduisent en construisant des nids de bulles flottantes parmi les plantes.
Les Aplocheilidae et Poecilidae sont de petits poissons qui vivent exclusivement dans les eaux peu profondes des ruisseaux et des marécages (Huber 1982, Romand et Morgalet 1983). Ils vivent près de la surface et sont très vulnérables à la prédation. Ils devraient disparaître rapidement des eaux profondes ou libres. Les Aplocheilidae sont représentés dans le bassin de la Sanaga par les membres des genres Aphyosemion et Epiplatys, qui se trouvent largement distribués dans le sud du Cameroun. De même, les Poecilidae avec les poissons des genres Procatopus, Aplocheilus et Aplocheilichthys ont tendance à vivre dans les cours d'eau un peu plus profond que la Aplocheilidae (Sondage et Lambert 1965, Romand et Morgalet 1983). Toutes ces espèces ont souvent des répartitions limitées, les Aphyosemion étant particulièrement sujets aux spéciations locales (Brosset et Lachaise 1995, Agnèse et al. 2006) sans doute en partie due à la sélection sexuelle excercée par les femelles sur les mâles et basée sur la coloration. En raison de leur capacité de déplacement dans des zones d’eaux peu profondes ils ont tendance à former des populations isolées (Brosset 1982, Brosset et Lachaise, 1995). Les hybrides entre ces espèces produisent rarement des descendants fertiles (Scheel, 1966). Ces poissons se nourrissent presque exclusivement d'insectes terrestres qui tombent dans l'eau (Brosset 1982, Romand et Morgalet 1983) et peuvent souvent être trouvées dans les zones perturbées où les insectes sont abondants. Les Aphyosemion se reproduisent au cours de la saison des pluies dans des zones herbeuses où les œufs fécondés se collent à la végétation (Poll 1952). Les œufs qui sont déposés dans des mares temporaires ou cours d'eau intermittents peuvent survivre dans la boue humide jusqu'à trois semaines, pour éclore quand l’eau survient à nouveau (Brosset, 1982).
Les Bagridae sont représentés par Bagrus docmac dans la Sanaga. Les Bagrus mangent surtout des invertébrés benthiques, en particulier des larves d'insectes quand ils sont petits. Plus grands, ils mangent de petits poissons (Matthes 1964, Alexander 1965). Ils fréquentent les grandes rivières, mais se trouvent également dans les lacs naturels, à la fois près du bord et en eau libre. On les signale, dans les endroits rocheux des affluents où ils se rassemblent sans doute pour le frai (Whitehead 1959, Matthes 1964).

Les Channidae regroupent des espèces carnivores qui fréquentent les marigots ou les zones à courant très lent et les zones marginales (Blanc et d'Aubenton 1955). Le long de la Sanaga, Parachanna obscura est souvent capturé dans les filets maillants lorsqu’ils vont et viennent entre le fleuve et les zones forestières inondées où ils se nourrissent. Cette espèce est carnivore et peut respirer l'oxygène atmosphérique (Poll 1951).
Les Cichlidae présents dans la Sanaga sont représentés par des écotypes typiques que l’on trouve dans cette grande famille très diversifiée (Liem et Osse 1975). Chromidotilapia et Hemichromis sont des prédateurs piscivores, (Paugy et Bénech 1989), Oreochromis et Sarotherodon des détritivores/planctonophages de grande taille, Benitochromis, Pelvicachromis et Parananochromis des détritivores / planctonophages (Nwadiaro 1984) de petites tailles tandis que les tilapias sont essentiellement herbivores.

Les Cichlidae sont en général territoriaux, les reproducteurs construisent des nids en creusant dans le sol (Ruwet 1962). Ils forment souvent des métapopulations (Nyingi 2007). Avec des niveaux relativement élevés de soins parentaux par rapport à la plupart des poissons, les Cichlidés ont tendance à produire des œufs relativement moins nombreux, mais sont phénotypiquement plastiques et peuvent adapter leur histoire de vie à un environnement changeant. Ils pondent tout au long de l’année, en fonction de la disponibilité alimentaire et de la température (Brummett 1995). Cette reproduction peut être limitée par le manque de sites de nidification, généralement un substrat de sable ou de boue dans moins de 1 mètre de profondeur (Ruwet 1962). Parmi les tilapias (genres Oreochromis, Sarotherodon et Tilapia), les espèces du genre Oreochromis ont des preferendums un peu moins strictes que les Tilapia (Ruwet 1962). Bien que les Cichlidae fréquentent un large éventail d'habitats, ils préfèrent généralement des eaux lentes où la végétation aquatique est abondante et des sédiments organiques sont présents. L’espèce la plus grande et qui a la croissance la plus rapide dans la Sanaga est Oreochromis niloticus. Les espèces des genres Pelmatochromis et Chromidotilapia dépassent rarement 10-20 cm de longueur et fréquentent les cours d'eau plus petits (en particulier les ruisseaux des forêts) que les Tilapia. Sarotherodon sanagaensis (probablement une sous-espèce de Sarotherodon galilaeus) et Tilapia cameronensis sont endémiques de la Sanaga (Trewavas 1983), mais très répandus dans l’ensemble du bassin. Les autres espèces de Cichlidae sont largement répandues dans la forêt de la Basse Guinée et / ou dans l'ensemble de la région
Les Clariidae sont des poissons-chats omnivores capables de respirer l’air atmosphérique et sont donc très résistants à des environnements rigoureux ou changeants (Na-Nakorn et Brummett 2009). Pratiquement rien n'est connu de l'écologie spécifique et la reproduction des Claridae de la Sanaga (Teugels 1986). Les commentaires faits ici s'appliquent donc plus généralement aux espèces du genre Clarias. Ces espèces occupent un large éventail d'habitats, des torrents d’altitude aux lacs profonds en passant par des marécages mais préfèrent par-dessus tout les cours d’eau lents les lacs peu profonds, les marais, les étangs, les fossés, les rizières et les trous d’eau laissés par les rivières après les crues. De nombreuses espèces semblent préférer l’eau stagnante, boueuse, où leur organe supra branchial leur donne un avantage concurrentiel par rapport aux espèces qui ont besoin de plus fortes concentrations d'oxygène dissous (Jackson et al. 1988). Dans les grandes masses d'eau, les Clarias semblent préférer les zones marginales herbeuses (Daget 1988, Welcomme et de Mérona, 1988). Les espèces du genre Clarias sont omnivores et opportunistes, en mangeant tout ce qui a une taille compatible avec celle de leur bouche (Lauzanne, 1988). Les contenus stomacaux des espèces de Clarias comprennent généralement des insectes (adultes et larves), des vers, des gastéropodes, des crustacés, de petits poissons, des plantes aquatiques et des débris ; On a même parfois observé des graines et les baies terrestres, des oiseaux et de petits mammifères. Les larves sont presque exclusivement dépendantes du zooplancton pendant leurs premières semaines d’alimentation exogène (Hecht, 1996). Vers l’âge de deux ans, de nombreuses espèces de Clarias sont mâtures (7-8 mois en captivité selon Legendre et Jalabert (1988)) et entreprennent alors des migrations latérales des lacs ou rivières vers les zones marginales temporairement inondées (Greenwood 1955, Seegers, 1996). Ces migrations de reproduction ont généralement lieu peu de temps après le début de la (ou des) saison(s) des pluies. L’augmentation de la température, de la conductivité et de la photopériode favorise la maturation des gonades. La maturation finale est déclenchée par la montée des eaux (Legendre et Jalabert 1988, de Graaf et Janssen, 1996). Dans des conditions environnementales stables, certaines espèces (par exemple, C. gariepinus, C. fuscus) ont des gonades mâtures et sont capables de se reproduire toute l’année (Young et Fast, 1990).
Les Claroteidae du genre Chrysichthys sont des espèces particulièrement intéressantes pour la pêche commerciale comme pour la sécurité alimentaire dans le bassin de la Sanaga. Leur régime alimentaire se compose de larves d'insectes, notamment les chironomes, mais inclut un grand pourcentage, selon les espèces, de mollusques gastéropodes (Paugy et Bénech 1989). Ils se reproduisent à la fin de la saison sèche ou en début de saison des pluies (Paugy et Bénech 1989), les juvéniles se déplacent dans les zones inondables pour s’alimenter (Johnels 1954). Les Claroteidae benthiques (Auchenoglanis, Parauchenoglanis, Platyglanis) sont communs dans les marigots et les marécages. Ils se nourrissent de larves d'insectes, de vers et de petits crustacés (Matthes 1964, Stauch 1966) et se reproduisent sur place (Johnels 1954, Matthes 1964). Les espèces du genre Auchenoglanis sont insectivores et mangent principalement de larves de chironomes (Petr 1967).
Les Clupeidae sont principalement marins mais un certain nombre se trouvent dans les eaux saumâtres et même en eau douce. Dans la Sanaga, Pellonula leonensis se trouve principalement dans la partie inférieure, mais dans le fleuve Bandama, en Côte d'Ivoire, il est signalé comme une espèce de bassin versant supérieur (de Mérona, 1979). Thrattidion noctivagus se trouve en amont de Edea (Roberts, 1972). On connaît peu de chose sur leur alimentation et l’écologie de leur reproduction. Chez les espèces similaires (probablement étroitement liées) des genres Stolothrissa et Limnothrissa, on observe des mouvements considérables de poissons tout au long de l'année, souvent en bancs mixtes d'un certain nombre d'espèces de petite taille (Johnels 1954, Roberts 1972), les poissons plus jeunes restant plus près du rivage que les adultes (Marlier, 1957). Vraisemblablement, ces mouvements sont liés à la consommation de zooplancton dont ils dépendent pour l'essentiel de leur alimentation (Johnels 1954, Marlier 1957, Roberts 1972). Ils arrivent à maturité à une longueur de 60mm environ et de se reproduisent pendant la majeure partie de l'année dans les eaux côtières (Marlier, 1957). Dans le lac Tanganyika, ils sont un des aliments préférés des Alestes macropthalmus (présents également dans la Sanaga) et des espèces de Lates (Marlier, 1957).
Les Cyprinidae sont très variables et d'exploitent un large éventail de niches avec une grande variété d’histoires de vie. Il existe une forte variance intra spécifique au sein des espèces du genre Barbus et beaucoup doivent être considérés comme des variantes géographiques (Thys Van Den Audenaerde 1976, Balirwa 1979). Une partie de cette variabilité pourrait être due à des phénomènes d’hybridation entre espèces du même genre voire appartenant à des genres différents (Steinitz et Ben-Tuvia 1957, Bannister 1972, Gaigher et Bloemhoff 1975). Certains font des migrations de frai, d'autres pas (Balirwa 1979). Ils frayent dans les rivières et généralement pas dans les plaines inondables (Jackson et Coetzee, 1982). Whitehead (1959) a signalé que Barbus altianalis effectue les migrations d’environ 70 km pour frayer dans les parties rocheuses des cours, mais cette espèce n’a jamais été observée dans la Sanaga et on ignore si l'un des Barbus autochtones pourrait faire la même chose, la plupart des espèces effectuant des migrations sur de plus courtes distances (5-15 km selon Whitehead, 1959). Quand il y a deux saisons des pluies, les Barbus migrateurs peuvent se reproduire lors de chacune d’elles, c'est-à-dire deux fois par an (Whitehead, 1960). Contrairement à la plupart des autres espèces de Barbus, les espèces qui vivent dans la forêt tropicale telles que celles de la région de Lom Pangar se reproduisent souvent sur de longues périodes tout au long de l’année mais surtout pendant la saison sèche quand l’eau est basse (Loiselle et Welcomme 1971, Paugy et Bénech 1989). Certaines espèces non forestières fraient également à la saison sèche (Skelton 1974). Leur alimentation est également chevauchante car la plupart sont des espèces omnivores qui profitent des différents aliments présents dans les rivières et les lacs (Balirwa 1979). Les contenus stomacaux montrent la présence d’algues, de plantes, d’insectes aquatiques et terrestres (sous leurs deux formes larvaires et adultes), de débris (par exemple, des grains de sable), de bivalves et de gastéropodes, du phyto et zooplancton (Loiselle 1973, Balirwa 1979). De nombreuses espèces sont grégaires, vivant en groupes pouvant aller jusqu'à plusieurs centaines d'individus (Loiselle et Welcomme 1971, Loiselle 1973, Gaigher 1975). Les Barbus sont souvent répartis dans les rivières de manière discontinue ou en tout cas non uniforme en fonction de la répartition des ressources ce qui entraîne des opportunités de spéciation dans ce groupe (Loiselle et Welcomme 1971, Gaigher 1975, Paugy et Bénech 1989). Certaines espèces, cependant, sont des généralistes qui habitent toutes les parties de la rivière (Hocutt et Skelton 1983).

Parmi les cyprinidés, les poissons du genre Labeo, Varichorhinus et Prolabeops sont plus grandes que les Barbus. Ils se nourrissent généralement d'algues de petits invertébrés et de matière organique submergée couvrant les substrats (Reid, 1982). Ils ont probablement évolué dans des environnements fluviatiles, mais sont actuellement très répandus dans les lacs comme dans les rivières d'Afrique (Fryer et Whitehead 1959, Balon 1977). Cependant, même dans les lacs, leur reproduction est conditionnée par la crue des rivières. Ils se regroupent parfois en grand nombre à l'embouchure des affluents avant de se déplacer en amont pour se reproduire, généralement la nuit (Fryer et Whitehead 1959, Balon 1977). Ils peuvent se reproduire partiellement et ainsi le faire plus d’une fois durant la saison (Gaigher 1976). Le cas échéant, et contrairement aux Barbus, les Labeo profiteront des plaines d'inondation (Jackson et Coetzee 1982), mais eux aussi pourront se reproduire sur les bords des fleuves ou des lacs dans les zones herbeuses (Fryer et Whitehead, 1959). Dans le lac Victoria, une fois écloses, les larves de Labeo abandonnent rapidement la plaine inondable et migrent pour des eaux plus profondes (Fryer et Whitehead, 1959). Les espèces du genre Garra semblent mieux adaptées aux torrents, où elles broutent les algues sur les rochers et le substrat (Krupp 1982). Les espèces du genre Varicorhinus, contrairement aux Labeo, se reproduisent à la saison sèche. Ils remontent vers l'amont en petits groupes à la recherche de courants modérés, en eau peu profonde (10-40 cm) et pondent sur des substrats de gravier (Marlier, 1954). Les grands barbus piscivores du lac Tana quant à eux remontent les affluents pour pondre généralement durant une courte période pendant la saison des pluies (de Graaf, 2003). Une femelle accompagnée d'un ou deux mâles fraie la nuit dans des gravières en remuant fortement le fond pour y déposer ses œufs (Alekseyev et al. 1996). Les œufs sont légèrement collants et adhèrent à la couche supérieure du substrat de graviers (Alekseyev et al. 1996). Certains individus semblent seulement migrer une année sur deux alors que d’autres restent dans la rivière toute l'année (Alekseyev et al. 1996).



Un troisième groupe important de Cyprinidae est composé d’espèces prédatrices d’eau courantes appartenant aux genres Leptocypris et Opsaridium. Ces poissons sont rapides, carnivores, solitaires, ils attrapent des insectes terrestres et de petits poissons (Loiselle 1971, Coad et Krupp 1983). Dans les eaux moins rapides, ces poissons sont souvent remplacés par des Alestidae du genre Hydrocynus (Loiselle, 1971). Comme avec les autres membres de la famille, les espèces de rivière de savane ont tendance à se reproduire une ou deux fois par an lors des inondations, tandis que les espèces forestières se reproduisent plus ou moins tout au long de l'année (Loiselle, 1971). Elles frayent généralement en grand nombre (Sondage et Damas 1939). Au Ghana, le genre étroitement lié Raimas se reproduit dans la première moitié de la saison des pluies sur des substrats de graviers dans les petites rivières qui se jettent dans le lac Volta (Loiselle, 1971). On trouve dans des habitats similaires le genre Garra, qui vit sur des substrats rocheux (Smith 1983) et se nourrit d’algues.
Les Distichodontidae se reproduisent lors de la montée des eaux. Ils pondent dans les herbiers le long des berges de la rivière (Daget 1965, Teugels et Roberts 1990) et sont également fortement tributaires de l'accès aux plaines d'inondation pour la majeure partie de leur alimentation qui se compose essentiellement de matières végétales dans le cas de Distichodus (Daget 1959a) et de zooplancton (Daget 1965) et de larves d'insectes (Daget 1961) pour les plus petits Neolebias. En revanche les Distichodontidae ne semblent pas faire de longues migrations longitudinales. Dans la Sanaga, seul D. kolleri atteint une taille de plus de 10 cm. La reproduction de ce groupe est très variable d'une année à l’autre (Lewis, 1974).
La famille mono spécifique des Hepsitidae, est représentées par Hepsetus odoe qui est un carnivore ciblant les poissons et, parfois, les termites, probablement pendant les premières pluies lorsque les formes ailées se déplacent (Moriarty 1983, Paugy et Bénech 1989). Ils se reproduisent lors des inondations en construisant des nids de mousse flottant dans la végétation marginal (qu’ils fréquentent tout au long de l'année) ou dans les plaines d'inondation (Moriarty, 1983).
La famille des Latidae est représentée par Lates niloticus, un prédateur important qui chasse en embuscade (Worthington et Ricardo 1936), très répandu en Afrique (Poll 1951). C’est une espèce essentiellement présente en rivière mais également très bien adaptée à la vie dans les lacs et réservoirs. Elle se reproduit dans la végétation des berges (Petr 1967).
Les Malapteruridae sont les poissons-chats électriques qui utilisent de grands neurones pour émettre des chocs électriques dans l'eau pour localiser et paralyser leurs proies (Belbenoit et al 1979). Ce sont des chasseurs nocturnes, le régime alimentaire des adultes est composé de petits poissons d'eau douce et de crustacés décapodes du genre Macrobrachium (Sondage 1951, Johnels 1954). Ils sont largement distribués dans la région et se retrouvent dans la plupart des plans d'eau, à la fois lacustres et fluviaux. Ils semblent se reproduire dans les marais pendant la saison des pluies (Johnels 1954).
Les Mastacembelidae, ou anguilles épineuses, sont des poissons carnivores qui cherchent leurs proies, des larves d'insectes (Matthes 1964), des vers, mollusques et crustacés divers (Poll 1951), dans la soirée entre les grosses roches et les détritus organiques en les débusquant grâce à leur trompe partiellement flexible (Sondage 1951, Guibé 1964, Thys Van Den Audenaerde, 1972). Un certain nombre d'espèces sont aveugles (Poll 1958). La plupart de celles qui ont été étudiées ont été capturées dans des rapides (Finley 1983, Roberts et Travers 1986, Vreven et Teugels 1997) ou des rivières à courant modéré avec les substrats de sable (Thys Van Den Audenaerde 1972), mais des spécimens ont également été trouvés dans des plaines d’inondation et des marécages (Whitehead 1959, Matthes 1964).
Les poissons-chats de la famille des Mochokidae, sont largement répandus dans les rivières et les lacs africains. On sait peu de choses sur les espèces indigènes de la Sanaga, mais il semble y avoir de grandes similitudes dans la biologie des genres et une divergence limitée entre l'écologie des formes fluviatiles (insectivores benthiques) et celle des formes plus lacustres (omnivores / planctonophages) (Lewis, 1974). Ces espèces se nourrissent également de mollusques et d’ostracodes (Paugy et Bénech 1989). Leur reproduction est étroitement associée à l'arrivée des pluies, parfois deux fois par an dans les zones à saison des pluies bimodale. A ces périodes, les individus mâtures remontent en grand nombre les affluents des rivières et des lacs, passent un ou deux jours dans les zones de frai avant de revenir à la rivière ou dans le lac (Whitehead, 1962). Les Synodontis, contrairement à la plupart des autres poissons-chats, passent beaucoup de temps dans la colonne d'eau d'où ils peuvent parfois être perçu comme se nourrissant d'insectes terrestres à la surface de l'eau (Alexander 1965). La répartition et le statut de Chiloglanis sanagaensis, endémique de la Sanaga sont inconnus. Les pièces buccales de succion de forme plate font des Chiloglanis des poissons adaptés à la vie sur le substrat des cours d’eau rapides (Smith 1983). Les autres espèces sont réparties dans la Sanaga et les bassins adjacents.
Les Mormyridés sont essentiellement des poissons de rivière, avec seulement quelques espèces figurant dans les lacs (Pellegrin 1924), bien que les raisons n'en soient pas claires. Ils peuvent tolérer une faible teneur en oxygène dissous, au moins pour de courtes périodes, et préfèrent des substrats composés de boue ou de boue mélangée à du sable (Reizer 1964) et sont la plupart du temps trouvés dans les eaux stagnantes plutôt que courantes. Ils ont tendance à éviter les zones herbeuses, les habitats rocheux ou marécageux et se trouvent rarement dans des eaux peu profondes (Reizer 1964). Même si un certain nombre de Mormyridae sont trouvés dans des lacs, seules deux espèces signalées dans la Sanaga Mormyrus anguilloides et M. caballus (asinus) ont des populations lacustres (Reizer 1964). Dans ce cas, les contraintes de reproduction peuvent poser problème car la maturation des gonades des Mormyridae et le comportement de frai doivent être provoqués par des changements de pH et de conductivité associés aux variations des niveaux d'eau dans les rivières (Kirschbaum, 1975) qui aboutissent à de cours événements de ponte dans les affluents de la rivière principale (voir l'étude de Munro et al. 1990). Comme beaucoup d’espèces qui pondent à la saison des pluies, ils répandent largement leurs œufs (Paugy 2002). Dans les cours d'eau ils se nourrissent de détritus et d’invertébrés benthiques, en particulier des larves de la famille des Chironomidae, insectes terrestres (Reizer 1964, Lewis 1974, Kouamélan et al. 1999). Dans les lacs, leur alimentation est plutôt basée sur du phytoplancton probablement sédimenté (Kouamélan et al. 1999). Bien qu'il existe un degré élevé de chevauchement dans leur écologie alimentaire, les différentes espèces sont actives à différents moments de la journée ou de la nuit, partitionnant ainsi les ressources. Avec les signaux électriques différentiels caractéristiques de cette famille (Sullivan et al. 2002), toutes ces caractéristiques semblent avoir permis l’apparente spéciation sympatrique de nombreuses espèces dans le même fleuve (Moller et al. 1979).
Les Notopteridae sont des carnivores d’eau calme (Poll 1959) que l’on trouve essentiellement dans le cours inférieur de la Sanaga et dans le lac Ossa, y compris dans les marais où ils semblent capables de respirer de l'oxygène atmosphérique (Johnels 1954). Ils sont carnivores, en ciblant les petits poissons et les insectes (Sondage 1953, Johnels 1954).
Les Polycentridae sont représentés dans la Sanaga par le poisson feuille Polycentropsis abbreviata. Ce poisson, comme le reste de la famille, est un féroce prédateur (pour sa taille) qui flotte doucement dans l'eau et qui ressemble à une feuille morte (Sterba, 1966). Contrairement au reste de la famille, il construit un nid de bulles sous les feuilles flottantes. Cette espèce préfère les petits ruisseaux et mares tranquilles.
Les Polypteridae sont représentés par Calamoichthys calabaricus. On sait peu de choses sur leur reproduction, n'ayant que partiellement réussi dans des aquariums, mais il semble qu'ils préfèrent des eaux peu profondes, les zones marécageuses où leurs œufs adhèrent aux herbes (Arnoult 1961).
Les Schilbeidae sont essentiellement des poissons de rivière mais certaines espèces peuvent vivre et se reproduire dans des milieux lacustres (Lewis, 1974). Ils se déplacent beaucoup font de courtes migrations de reproduction en amont des fleuves pendant la saison des pluies (Reizer et al. 1980, Lévêque et Herbinet, 1982). Ils sont omnivores à tendance carnivore (Paugy et Bénech 1989) et consomment souvent de petits poissons et des insectes à la surface de l’eau (Reizer et al. 1980). On les trouve dans les rivières pendant la saison sèche, mais ils entrent dans les marécages et les zones d’inondations à la saison des pluies. Ils semblent se reproduire juste avant le début de cette dernière (Johnels 1954). S. djermi est endémique de la Djerem, un affluent de la Sanaga, qui est hors de l'influence du barrage de Lom-Pangar, mais qui a déjà été bloqué par le barrage de Mbakaou.
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