La plaine des palmistes




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LA PLAINE DES PALMISTES
Le nom de cette commune vient de l’abondance, au XVIIIème siècle, sur les hautes pentes de Saint-Benoît, des palmistes dont le bourgeon terminal, appelé chou palmiste, est comestible. La colonisation de la Plaine des Palmistes commence en 1749, lorsque le militaire Letort ouvre la première voie de communication entre sa propriété et Saint-Benoît. En 1798, « Bon Accueil », un gîte pour les voyageurs est le premier établissement de la localité. En 1801, Bory de Saint-Vincent parcourt cet axe qu’il appelle « chemin de la plaine ». Il dit que les palmistes « y sont extrêmement nombreux et serrés. Rien de plus beau, rien de plus étrange que l’aspect à vol d’oiseau de la cime ondoyante de ces arbres » (p. 388, chapitre XVIII, tome II). En 1822, des colons s’installent le long de ce chemin qui a été élargi. Après l’aménagement de la route, le gouverneur Graeb fonde un poste militaire en 1847, nommé poste Sainte-Agathe. Ce poste, censé pacifier la région, est dirigé par le lieutenant Textor de Ravisi, explorateur et savant autodidacte. En 1851, l’administration délivre des concessions pour des cultures vivrières et facilite l’installation de colons. La paroisse Sainte-Agathe est créée le 21 novembre 1857. La bourgade se transforme en un petit village qui devient commune le 20 février 1899. Pendant toute la fin du XIXème siècle, beaucoup de colons s’installent, construisent des maisons, mais devant le peu de résultats obtenus dans les cultures, ils abandonnent leurs terres. Ces expériences agricoles malheureuses (blé, riz, café, arbres fruitiers) maintiennent la Plaine des Palmistes dans son statut de lieu de changement d’air : les riches familles viennent habiter leurs maisons à la saison chaude et les abandonnent le reste de l’année. L’eau ferrugineuse des sources de Bras-Cabot est réputée mais l’éboulis qui ensevelit les sources au début du XXème siècle fait échouer la tentative de valorisation des sources. Vers 1910, la culture de thé est expérimentée. Elle démarre en 1960 et une coopérative est créée en 1962 puis une usine qui a dû fermer ses portes en 1973. En 1958, un second souffle est donné à la commune par la construction de la route bitumée. Aujourd’hui la commune attire de nombreux touristes. Son avenir réside essentiellement dans le développement de son potentiel agricole et touristique. Le goyavier, peste végétale majeure, y est considéré comme une espèce emblématique et comme une ressource économique pour la commune.
LA PANDANAIE A PIMPIN DES HAUTS DE LA PLAINE DES PALMISTES
A la Plaine des Palmistes, la combinaison des caractéristiques du sol (dalle basaltique affleurante, sol peu profond gorgé d’eau), de la topographie (pente douce de 0 à 10%) et du climat (pluviométrie élevée) a donné lieu à un milieu particulier : la pandanaie à pimpins des hauts. Ces fourrés de montagne hyperhumides à Pandanus montanus sont une formation végétale de la côte au vent à La Réunion, unique au monde d’après Bosser et al., auparavant dominée par des populations denses de palmistes rouges. Se développant sur un substrat marécageux, elle constitue de grands ensembles dans la série mésotherme (800-1900m) pouvant atteindre des altitudes plus faibles autour de 500m. Les principaux sites se trouvent à Sainte-Rose, au Tremblet, à la Plaine des Lianes, dans les hauts de Saint-André. Le recouvrement élevé de Pandanus montanus (50-80%) laisse néanmoins la place à des peuplements ligneux ou herbacés originaux.

I. Répartition

Avec environ 700 espèces différentes, les Pandanus ne s’observent que dans quelques régions tropicales du monde. Avec une centaine d’espèces, Madagascar apparaît comme un foyer de radiation spécifique. Les Pandanus constituent avec les genres "Saranga" et "Freycinetia" la famille des Pandanacées. Le pimpin des hauts est présent principalement sur les régions pluvieuses de l’île. L’espèce se développe entre 500 et 1700 m d’altitude au sein de deux étages de végétation. On observe ainsi :


 les pandanaies à pimpin des hauts de moyenne altitude (500 – 900 m d’alt.),
 les pandanaies à pimpin des hauts de montagne (900 – 1700 m d’alt.)

La pandanaie à pimpin des hauts de la Plaine des Palmistes appartient à l’étage de moyenne altitude.



II. Les Pimpins de La Réunion

Pandanus montanus ou Pimpin des hauts, endémique de La Réunion, s’observe sur les secteurs très arrosés de l’île entre 500 et 1700 m d’altitude. L’espèce se développe préférentiellement sur des sols peu profonds presque continuellement gorgés d’eau. Dans ces conditions de vie difficiles, le pimpin des hauts, parfaitement adapté, va dominer le milieu et constituer un fourré humide de 4 à 6 m de haut. Cette pandanaie occupe des surfaces importantes sur les pentes des massifs de la Fournaise et du Piton des Neiges. Ce pimpin doit son nom au fait qu’il soit la seule des 4 espèces à vivre dans le climat froid et humide des régions montagneuses des hauts de l’île.

Pandanus purpurascens ou vacoa rouge, endémique de La Réunion, affectionne les sous bois ombragés des forêts tropicales humides de basse altitude. L’espèce, parfois abondante dans certaines forêts comme celles dominées par le bois de perroquet (Cordemoya integrifolia, Euphorbiacées), ne constitue pas de pandanaie. Elle doit son nom à la belle couleur rouge de ses « fruits ». Une fois mûr, tombé au sol, le fruit, comme ceux des autres espèces de pimpin, est très apprécié des petits mammifères comme le tangue et le rat.

Pandanus sylvestris ou petit pimpin, endémique de La Réunion, affectionne les sous bois clairs des forêts et fourrés des régions semi-sèches de l’île. L’espèce est discrète dans son milieu et ne constitue pas de pandanaie. C’est la plus petite des 4 espèces de l’île.

Pandanus utilis ou vacoa bord de mer, littoral, s’observe sur les falaises et les trottoirs basaltiques de la côte sauvage où elle constitue une pandanaie d’arrière littoral. Plantée massivement sur la côte Est et Sud-Est de l’île, on pensait l’espèce introduite sur l’île. De récents travaux sur la génétique laissent fortement penser que cette espèce, plantée dans de nombreuses régions du monde, est en fait originaire des Mascareignes. Seule espèce sur les 4 de l’île connue pour ses qualités alimentaires (on consomme le chou et le « fruit »). Elle est également très appréciée dans l’artisanat (on tresse les feuilles séchées).

III. Une mosaïque de milieux remarquables

En parcourant la pandanaie à pimpin des hauts de la Plaine des Palmistes, on observe de nombreux milieux naturels en contact : vastes tapis de fougères, petites forêts sur pitons, petites colonies d’herbes de marais... Chacun des milieux de cette mosaïque est différent et se compose d’une flore particulière. Ces milieux sont rares et remarquables comme la machaerinaie à osmonde royale. Attention il est inexact de considérer que l’espace naturel constitué par ces différents milieux correspond à la pandanaie. La pandanaie, c’est uniquement les fourrés dominés par le pimpin des hauts.



IV. De nombreuses espèces, parfois rarissimes, sur peu d’espace

La pandanaie à pimpin des hauts de la Plaine des Palmistes renferme un nombre étonnant de plantes. Près de 60% de toutes les orchidées de l’île peuvent y être observées. 40% des fougères de La Réunion s’y trouvent. Plus de 80 espèces de fougères, d’arbres et d’arbustes composent le milieu. Parmi elles, une espèce sur cinq est endémique de La Réunion. Voilà qui convient parfaitement à de nombreux petits animaux : oiseaux, insectes, papillons mais aussi et surtout lézard vert des hauts (Phelsuma borbonica subsp. borbonica, endémique de La Réunion) qui apprécie le nectar des fleurs de pimpin. Il faut rappeler la découverte en 2010, grâce à la vidéosurveillance, dans les hauts de Mare-Longue d’une espèce de « grillon » endémique de La Réunion Glomeremus orchidophilus (Gryllacrididé) qui féconde une orchidée endémique de La Réunion et de Maurice Angraecum cadetii : une curiosité mondiale. La même orchidée est fécondée par une sauterelle très différente à Maurice. De récentes découvertes montrent que les populations les importantes de certaines espèces très rares ne s’observent qu’ici à La Réunion comme celle de l’orchidée Bonniera corrugata.



V. Un patrimoine aujourd’hui fragile et menacé

La pandanaie à pimpin des hauts de la Plaine des Palmistes représente un patrimoine naturel exceptionnel. Cependant, comme la majorité des milieux naturels de l’île, il est fragile et vulnérable.

Plus de 3000 espèces introduites sur l’île par l’homme se multiplient désormais naturellement dans nos milieux. Certaines (70 espèces environ) envahissent, perturbent et menacent nos milieux naturels. Appelées espèces envahissantes, elles sont la première cause de perte de biodiversité dans les îles. La pandanaie à pimpin des hauts de la Plaine des Palmistes est entièrement, à des degrés divers, envahie par le goyavier, le raisin marron, le longose, le bois de Noël...

La destruction et la fragmentation du milieu naturel sont la deuxième cause de perte de biodiversité dans les îles. A La Réunion, en un peu moins de 4 siècles de colonisation humaine, plus de 60 % de la surface de l’île couverte par les milieux naturels dont la pandanaie à pimpin des hauts de la Plaine des Palmistes ont été détruits ou transformés.

La destruction ou le prélèvement massif des espèces indigènes participent à l’érosion de notre patrimoine. Où sont passé les majestueux palmistes rouges, Acanthophoenix crinita, endémique de La Réunion, qui dominaient si fortement le paysage que l’on nomma ce lieu Plaine des Palmistes ? 

La pandanaie à pimpin des hauts de la Plaine des Palmistes, longtemps considérée comme une friche sans intérêt, n’occuperait plus aujourd’hui qu’un tiers de sa surface originelle. Défrichés, fragmentés, abandonnés aux espèces envahissantes, les fourrés à pimpin de la Plaine des Palmistes sont perturbés. Les pandanaies qui occupent des surfaces de petites tailles sont très envahies. Les espèces indigènes qui les composent ont du mal à se renouveler. Les pandanaies fermées maintenues sur des surfaces importantes sont moins impactées par les plantes envahissantes et présentent un état de conservation encore satisfaisant.



VI. Comment préserver ?

Face à la disparition progressive de la pandanaie à pimpin des hauts si caractéristique de la Plaine des Palmistes, deux réactions complémentaires sont possibles : la prise de conscience citoyenne, amenant à une sensibilité réelle pour cet espace et au réflexe de le protéger et la prise de conscience publique, avec l’usage d’outils réglementaires de protection.

Depuis plus de 10 ans, les citoyens se sont largement manifestés. A la Plaine des Palmistes bien sûr, mais même au-delà : SREPEN, Conservatoire Botanique, naturalistes de toutes spécialités, Conseil National de Protection de la Nature, Union Internationale pour la Conservation de la Nature.

Pourtant, les surfaces continuant de diminuer régulièrement, des outils réglementaires se sont logiquement mis en place : plan local d’urbanisme, politique d’acquisition foncière par le Département (ENS), et plus récemment intégration d’une partie de la pandanaie dans le cœur du Parc National de La Réunion. Depuis le 11 janvier 2011, la zone fait l'objet d'un arrêté préfectoral de protection de biotope préservant 367,6 hectares de terrains situés hors du périmètre du parc national de La Réunion.







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